03-05-14

Juan Gelman, Tatjana Tolstaja, Agnès Desarthe, Pierre Emmanuel, August von Kotzebue, Dodie Smith, Nélida Piñon, Soma Morgenstern

De Argentijnse dichter Juan Gelman werd geboren op 3 mei 1930 in Buenos Aires. Zie ook alle tags voor Juan Gelman op dit blog.

 

PLAATS XIX (heilige theresia)

en met een lichaam zo gekneusd / en koud /
een hart bevangen door de kou alsof
er geen ziel meer in zat / of waar nog adem
halen / sterven / de ziel tot leven brengen

dit dagenlang verduren / als
ondraaglijk lijden dat zichzelf verteert /
en de ziel strompelt maar verder door on-
troostbaarheid als jij / woord dat diep uit jou

vanbinnen kome / en geen pijn meer brenge /
geen kippenvel me geve / me niet dooddoe /
me niet tegenspoede / en me niet verstrooie /
kortom jij hou van me / jij hou van mij

 

 

Kanttekening II (heilige theresia)

met de liefde die me te buiten gaat en neerstroomt /
overal in het rond vreten zich de
beestjes vol die voer vinden in
jouw afwezigheid / of is het je aanwezigheid
die mij zo klein maakt als voeten die treurnis
vertrappen op de oever van wat gaat zingen /
als grote zegepraal waarin
mijn zielen klaarten zijn van jou?

 

Vertaald door Guy Posson en Stefaan van den Bremt.

 

 

 
Juan Gelman (3 mei 1930 – 14 januari 2014)


 

De Russische schrijfster Tatjana Tolstaja werd geboren op 3 mei 1951 in Leningrad. Zie ook alle tags voor Tatjana Tolstaja op dit blog.

Uit: See the other side

“The postcard—which he dropped in a mailbox, lightheartedly entrusting it to two unreliable postal services, the Italian and the Russian—depicts Heaven: the Lord sits amid a blindingly green paradise of eternal spring, white sheep grazing all around. Those two unreliable postal services had bent the corners of the postcard, but it didn’t matter—the message was received and everything could be seen.
If Heaven exists, then my father is there now. Where else would he be? The only thing is, he died—he died and he doesn’t write me postcards with exclamation points anymore; he no longer sends tidings from all parts of the globe: I’m here, I love you. Do you love me? Do you share my pleasure and joy? Do you see the beauty that I see? Greetings! Here’s a postcard! Here’s a cheap, glossy photograph—I was here! It’s wonderful! Oh, if only you could be here, too!
He travelled all over the world, and he liked the world. Now, as much as I can, I follow in his footsteps. I go to the same towns and try to see them through his eyes, try to imagine him young, turning that corner, climbing those steps, leaning on the railing of the embankment with a cigarette between his teeth.
This time I’m in Ravenna, a stuffy, exhausting place, like all tourist destinations where crowds fill narrow streets. It’s a dead, hollow, hot town, with no place to sit down. The tomb of Dante, exiled from his native Florence. The tomb of Theodorich. The mausoleum of Galla Placidia, sister of Flavius Honorius, the very man who made Ravenna the capital of the Western Empire. Fifteen centuries passed. Everything changed.”

 

 
Tatjana Tolstaja (Leningrad, 3 mei 1951)

 

 

De Franse dichteres en schrijfster Agnès Desarthe werd geboren op 3 mei 1966 in Parijs. Zie ook alle tags voor Agnès Desarthe op dit blog.

Uit: Comment j'ai appris à lire

« Je suis née au mois de mai 1966. À cette époque, les hommes, même jeunes, portaient des costumes, des cravates, et parfois des chapeaux. Les femmes avaient des sous-vêtements à armatures, des gaines, des guêpières. Leurs seins, projetés vers l'avant par les coutures, les baleines - que sais-je ? -, étaient pointus, coniques, très durs. Il n'y avait pas de télévision. Nous possédions un téléphone, parce que mon père était médecin, mais tous les foyers n'en étaient pas équipés.
Deux ans plus tard, certaines choses changèrent.
Cependant, sur la photo prise lors d'un anniversaire auquel nous avions été invités, mon frère et moi - disons que c'était vers fin 67 -, je pose, conventionnelle et sérieuse, inconsciente de la révolution imminente : genoux de bébé en X, chaussures vernies aux pieds, robe immaculée et raide, très fière de mon sac à main blanc à fermoir doré. A dix-huit mois, j'ai l'air d'avoir soixante-treize ans.
Un matin du printemps suivant, je déclare, cartable au dos, que je désire aller à l'école. Ma mère m'y conduit (à l'époque, on n'avait pas besoin de s'inscrire... ou peut-être Pétais-je déjà). Je déteste ça. À onze heures trente, le même jour, j'affirme que je n'y retournerai jamais.
Je ne retournerai jamais à l'école, dis-je, avec l'élocution parfaite qui enorgueillissait mes parents, et mon autorité naissante qui ne devait pas les rassurer. Pourtant, quelques mois plus tard (a-t-on laissé passer l'été ?), j'y entre pour de bon. Pour toujours, ai-je envie d'écrire.”

 

 
Agnès Desarthe (Parijs, 3 mei 1966)

 

 

De Franse dichter en schrijver Pierre Emmanuel (eig. Noël Mathieu) werd geboren op 3 mei 1916 in Gan (Pyrénées-Atlantiques). Zie ook alle tags voor Pierre Emmanuel op dit blog.

 

Naître

Plus je regarde à mon passé
Et plus je m'apparais béant
Terreur d'être sans fondement
O ma mère terre où es-tu

Tant aimé j'ai aimé si peu
Qu'encore aujourd'hui je ne sais
Quel sens donner au mot donner
O ma mère terre où es-tu

Pardonnez-moi j'ai trop reçu
Sans en être jamais conscient
Coupable de ce manquement
O ma mère terre où es-tu

Toi qui seule m'auras manqué
Jamais je ne fus ton enfant
Vieux je t'appelle maintenant
O ma mère terre où es-tu

La lie du non-amour sans fond
Me vient aux lèvres comme aux yeux
C'est son dégoût qu'en tout je veux
O ma mère terre où es-tu

Qui me rendra ce goût perdu
Sans l'avoir possédé jamais
D'avoir aimé ce que j'aimais
O ma mère terre où es-tu

Cette mort que je sens en moi
Me tendre un sein bruni au brou
Et me bercer au fond du trou
O ma mère terre est-ce toi

Aimer c'est naître de ma mort
Quelqu'un avec ma propre voix
A grand effort m'arrachera
O terre ô mère qui me tues

 

 
Pierre Emmanuel (3 mei 1916 – 24 september 1984)

 

 

De Duitse dichter en toneelschrijver August Friedrich Ferdinand von Kotzebue werd in Weimar geboren op 3 mei 1761. Zie ook alle tags voor August von Kotzebue op dit blog.

 

Ariette

Das war ein Tier, mein Mauleselein!
Konnt' alle Tag' ein Ratsherr sein,
trat einher mit festem Schritte,
ging auf dem Wege stets in der Mitte,
reckte bei jedem Schall das Ohr
zwanzig Zoll hoch zierlich empor,
trug ohne Murren, wie Menschen nie pflegen,
schwere Lasten auf schweren Wegen,
scheute nicht Hitze, scheute nicht Frost,
nahm verlieb mit magerer Kost;
schritt so sicher auf glattem Eise,
sprach kein Wörtchen auf der Reise.

 

 

O, der Krieg, der Krieg!

O, der Krieg, der Krieg! Was die Natur
Mit stillen Fleiß in langen Jahren schafft,
Zerstört ein Augenblick des blut'gen Wahnsinns,
Es muss der blinden Habgier alles weichen;
Zu jedem Greuel sinkt sie tief hinab;
Es häuft der Mensch auf Leichen frische Leichen
Und düngt mit Blut doch nur sein eignes Grab.

 

 
August von Kotzebue (3 mei 1761 - 23 maart 1819)
Cover biografie 

 

 

De Engelse schrijfster Dodie Smith werd geboren op 3 mei 1896 in Whitefield. Zie ook alle tags voor Dodie Smith op dit blog.

Uit: The Hundred and One Dalmatians

‘Ladies and gentlemen,’ she said, dramatically, ‘puppies are arriving earlier than expected. Mr and Mrs Dearly ask you to remember that Missis has never before been a mother. She needs absolute quiet.’
There was an instant silence, broken only by a stifled sneeze. Then the guests rose, drank a whispered toast to the young mother, and tiptoed from the house.
All except Cruella de Vil. When she reached the hall she went straight to Nanny Butler, who was seeing the guests out, and demanded:
‘Where are those puppies?’
Nanny Butler had no intention of telling, but Cruella heard the Dearly voices’ and ran upstairs. This time she was wearing a black satin dress with ropes of pearls, but the same absolutely simple white mink cloak. She had kept it round her all through dinner, although the room was very warm (and the pepper very hot).
‘I must, I must see the darling puppies,’ she cried.
The cupboard door was a little open. The Dearlys were inside, soothing Missus. Three puppies had been born before Nanny Butler, on bringing Missus a nourishing chicken dinner, had discovered what was happening.
Cruella flung open the door and stared down at the three puppies.
‘But they’re mongrels – all white, no spots at all!’ she cried. ‘You must drown them at once.’
‘Dalmatians are always born white,’ said Mrs Dearly, glaring at Cruella. ‘The spots come later.’
‘And we wouldn’t drown them even if they were mongrels,’ said Mrs Dearly, indignantly.”

 

 
Dodie Smith (3 mei 1896 – 24 november 1990)

 

 

 

De Braziliaanse schrijfster Nélida Piñon werd geboren op 3 mei 1937 in Rio de Janeiro als dochter van Spaanse immigranten. Zie ook alle tags voor Nélida Piñon op dit blog.

Uit: La maison de la passion (Vertaald door Geneviève Leibrich)

« Je me sacrifierai au soleil, mon corps est pétri de mousses et d'herbes antiques, ceux de ma maison ont fait de ma sueur plaies et élixirs, jusqu'à mon père qui attend mon sommeil dans l'espoir d'extraire de ma sueur l'effet bienfaisant de mes vices, de mes vaines métamorphoses, car je ne cesse de me transformer au contact des arbres, des ombres, de la mémoire d'un corps vénéré au temps des sacrifices au soleil, ce soleil qui embrase mes reins, qui effeuille ma peau avec une rudesse si tactile que je deviens eau dans la coupe, j'en épouse les contours, je suis la chair que le soleil dénude... »

 

Uit:I love my Husband (Vertaald door Annick Moreau)

« Que veux-tu de plus, femme, nous sommes mariés sous le régime de la communauté, cela ne te suffit pas ? Il affirmait que j’étais une partie de son avenir, un avenir qu’il avait seul pourtant le droit de construire. Alors, j’ai compris que la générosité de l’homme m’autorisait à n’être que la maîtresse d’un passé dont les règles étaient dictées par la vie commune. »

 

 
Nélida Piñon (Rio de Janeiro, 3 mei 1937)

 

 

 

De Duitse schrijver Soma Morgenstern (eig. Salomo) werd geboren op 3 mei 1890 in Budzanów in Oostgalicië. Zie ook alle tags voor Soma Morgenstern op dit blog.

Uit: Joseph Roths Flucht und Ende

»Diesmal führte er mich in eine abseitige Allee, wo es zu dieser Tageszeit menschenleer war. Als wir dort im Schatten saßen, sagte er zu mir: ›Weißt du, warum ich dich hierhergeschleppt habe? Ich wollte dich bitten, daß du mir meine zwei Lieblingslieder singst. In unserem Zimmer im Hotel ist vermutlich niemand zum Singen und auch nicht zum Hören aufgelegt.‹ Ich sang ihm also zuerst das jüdische Lied Es war einmal eine Geschichte, und auf sein weiteres Drängen auch das ukrainische Hyla, hyla. Mit beiden Händen auf seinen Stock gestützt, gesenkten Kopfs, hörte er zu, dann schwieg er eine lange Zeit, und ich sah, wie seine Tränen auf seine bleichen Hände fielen.
Mir stockte der Atem. Ich hatte Roth in nüchternem Zustand noch nie offen weinen sehn. Es war das letzte Mal, daß ich ihm ein Lied gesungen habe. Es war sein letzer Spaziergang. «

 

 
Soma Morgenstern (3 mei 1890 – 17 april 1976)
Cover 

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